Le Dahlia noir de James Ellroy

« D’un regard en coin, je vis une femme en train de s’asseoir au bar changer soudain d’avis, attraper son sac et se diriger vers la porte, comme si mes paroles avec la barmaid lui avaient filé le trac ; je lui trouvai une ressemblance fugace avec Elizabeth Short.
Je ramassai mes photos, comptai jusqu’à dix et suivis la femme ; j’arrivais juste à ma voiture lorsque je la vis ouvrir la porte d’un coupé Packard blanc neige, garé à deux voitures de la mienne. Lorsqu’elle partit, je comptai jusqu’à cinq et me mis à la filer. »

Le 15 janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, est découvert le corps nu et mutilé, sectionné en deux au niveau de la taille, d’une jeune fille de vingt-deux ans : Betty Short, surnommée « Le Dahlia Noir » par un reporter, à cause de son penchant à se vêtir en noir. Le meurtre est resté l’une des énigmes les plus célèbres des annales du crime en Amérique.
« Vivante, je ne l’ai jamais connue. »

Dans le LA des années 50, un meurtre effroyable, deux flics, trois femmes, une enquête, des hommes hantés par leur passé, des souvenirs ancrés dans les cicatrices, un besoin de reconnaissance, une recherche de rédemption, et un seul leitmotiv « Cherchez la femme, Bucky. N’oubliez pas ça. »
Mais quelle femme ? La femme vivante ? La femme morte ? La femme aimée ? La femme fantasmée ?

Il m’a fallu quelques pages pour m’habituer au style de James Ellroy, mais une fois le décor planté, les personnages rencontrés et le le vocabulaire acquis, je n’ai plus lâché ce polar. Les deux héros ont un fort caractère et aussi de profondes blessures. Ils nous font découvrir les tréfonds de L.A., les quartiers sombres, des habitants paumés et les facettes obscures du LAPD corrompu par les ambitions politiques de certains. J’ai beaucoup apprécié suivre Bleichert, pour qui l’enquête sur le Dahlia noir est plus un prétexte à chasser ses propres démons, qu’une réelle recherche du meurtrier. Son amitié avec Blanchard, proche de la fraternité, est à la fois touchante et malaisante quand Bleichert tombe amoureux de Kay, la petite amie de Blanchard et qu’un trio des plus étranges se forme. Les deux hommes ont du mal à trouver leur place, à sortir de leurs fantasmes pour retrouver la réalité et se laissent happer par la violence de L.A. et les charmes des femmes pour évacuer leurs tensions.

James Ellroy, de son vrai nom Lee Earle Ellroy, est né le 4 mars 1948 à Los Angeles, en Californie. Son enfance est marquée par l’assassinat de sa mère, en 1958. Le Dahlia noir, paru pour la première fois en 1987, s’inspire de l’assassinat d’une jeune starlette à Hollywood et permet à Ellroy de faire le deuil du meurtre de sa mère. Le Dahlia noir est le premier tome du fameux Quatuor de Los Angeles, et sera suivi de Le Grand Nulle Part, L.A. Confidential et White Jazz.
Ce roman noir sera adapté au cinéma en 2006 par Brian De Palma avec dans les rôles principaux Josh Hartnett et Scarlett Johansson.

559 p., Éditions Payot et Rivages (2006), Collection Rivages/noir, Traduit de l’anglais (États-Unis) par Freddy Michalski.

Vous aimerez aussi :

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :